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Deshaies

1730 : date officielle de la création du bourg de Deshaies

Le Blason de DESHAIES
Ce sont les armes de Charles Auguste Le Roy de la Potherie, fondateur de Deshaies, timbrées de la couronne murale, attribut des déesses grecques protectrices des cités.


Version 1 : Le nom viendrait d’un nommé Des Hyes qui, autochtone du milieu du XVIIe siècle, donna son nom à la rivière et à l’anse où s’installa le boug.

Version 2 : La baie de Deshaies est une des plus profonde et des mieux protégée naturellement de toute la côte Caraïbe. Cela lui confirme son caractère de havre ("la Haye" est le lieu de la côte où l'on peut faire escale), à l'origine du nom de la commune.

LE PASSE DE DESHAIES

Le passé souvent explique le présent et cela est particulièrement vrai pour Deshaies".

L'histoire de la commune présente, aux dires de l'historien Daniel Marie Sainte, l'originalité de se démarquer de l'histoire de l'île, de la mettre en mouvement, de la déranger... d'être en quelque sorte en avance sur son évolution.

Deshaies, et plus particulièrement sa zone littorale du Gros Cap, conserve les vestiges de la végétation primitive de la Guadeloupe à l'arrivée de Christophe Colomb lors de son voyage de découverte le 4 novembre 1493.
Selon l'anecdote, le marin génois aurait même mouillé dans la baie et se serait approvisionné en eau dans la grande rivière du bourg. Elle lui confirme son caractère de havre (la Haye est le lieu de la côte où l'on peut faire escale), à l'origine du nom de la commune.
Baie la plus profonde de toute la côte Caraïbe et la mieux protégée naturellement, elle servit d'abri aux aventuriers de la flibuste et autres corsaires.
Sa réputation de lieu de rendez-vous des gens de mer n'est plus à faire.
Il ne serait d'ailleurs pas étonnant que sur quelque promontoire du littoral dorme l'or des flibustiers. Vers la pointe septentrionale, au Morne Fraîcheur se raconte l'aventure de deux compères, dérangés de nuit dans leur fouille acharnée d'un trésor «gagé».

Au XVII ème siècle (1635) les colons emmenés par De L'Olive et Duplessis qui débarquent à la pointe Allègre, à la limite nord de la commune sont les premiers introduits.

Une fois encouragée l'occupation de cette partie de la côte qui présente de nombreux mouillages, Deshaies est partie intégrante d'un vaste territoire particulièrement boisé et faiblement peuplé s'étendant de Pointe-Noire à Baie-Mahault : le Grand Cul de Sac Marin.

Grande Anse se révèle avec une modeste chapelle en bordure de plage, le centre religieux du domaine.
Sur l'emplacement du bourg actuel jus-qu'au Gros morne se dressait t'importante habitation de Monsieur de la Potherie, une des plus grandes fortunes de l'île en 1686.

Dix années plus tard, en 1696, l'économie des habitations sucrières périclitait, victime du fréquent pillage des corsaires anglais qui éprouva toute la zone.

Reconversion dans les cultures...

Une reconversion dans les cultures vivrières et le petit élevage allait s'effectuer pour une moindre richesse.

A partir de 1722, la localité prend le nom de Quartier du Gros Morne. Il regroupe les sections Ferry, Des Hayes, Grande Anse et La Perle. Du fait de son isolement, recel d'insécurité d'une condition de vie pénible, il ne motive pas les installations d'habitants.

La configuration géographique rend difficile la liaison à travers le quartier si bien que Ferry qui possédait sa propre chapelle agissait pratiquement en toute autonomie, même du point de vue de la défense avec une milice. Créé le 1er avril 1730 par la volonté du Gouverneur, M. de la Chapelle, sur la requête des habitants du quartier du Gros Morne, c'est en 1732 que le bourg s'établit dans l'anse Des Hayes qui fut armée d'une batterie forte de deux canons. L'église fut bénite le 29 juin 1733, et dédiée à Saint Pierre et Saint Paul.

Deshaies fut sans doute la moins désorganisée économiquement par la reconquête de Victor Hugues et la première promulgation de l'abolition de l'esclavage. La majorité de ses habitants, dont André Duhalde Detcheberry, le maire de la commune, avait dès 1792 pris cause pour le nouveau régime révolutionnaire de la Convention alors que la Guadeloupe était aux mains des contre-révolutionnaires royalistes.

Au XIXe siècle, l'ère de l'épopée napoléonienne...



Au XIX ème siècle, l'ère de l'épopée napoléonienne fut fatale à Deshaies à cause de la tension que développait dans la zone le projet de création d'un empire caraïbe. Son éloignement du chef-lieu (Basse-Terre), rendait Deshaies vulnérable alors qu'elle bénéficiait d'une situation stratégique.

Neuf mois après la bataille navale dans la baie, entre Français et Anglais du 5 septembre 1803, le bourg fut pillé en mai 1804 et les propriétés du voisinage ravagées par les Anglais. Aux épreuves de guerre s'ajoute le caractère d'une côte malsaine où la fièvre des marais et la maladie laminent toutes velléités d'installation.

Trente années plus tard, quatre an après l'abolition de l'esclavage, l'unique habitation sucrière de la commune demeure l'habitation Guyonneau appartenant M. Caillou.

La commune en 1852 vit des périodes de tensions. L'opposition entre le propriétaire M. Caillou et les cultivateurs noirs de son habitation supportés par le curé de la paroisse M. De Lettre, tourne à la lutte de la classe ouvrière contre la classe possédante, de l'autorité religieuse contre l'autorité administrative.

L'inquiétude du gouvernement, chef de la colonie, à son ministre de la Marine et des Colonies de peur que Deshaies ne fasse des émules, nourrit une correspondance soutenue des autorités.

Elle détermine un acte de vigueur du ministère, rendu au soin de l'ordre public la radiation du curé et sa déportation. Ce nouveau contre-pied à l'histoire confirme son appellation de petite république passionnée, turbulente. Les événements de l'époque sont à l'origine de la création de la brigade de gendarmerie qui fut maintenue par le gouverneur en 1877 malgré le refus du Conseil Général.

De l'abolition de l'esclavage jusqu'à la seconde guerre mondiale, l'ignorance demeure le principal obstacle au développement.
Être nommé par l'administration civile ou religieuse à Deshaies est considéré comme une disgrâce.
Ainsi Deshaies resta longtemps isolée et marginalisée.

Alors que dès 1922, la route relayait le chef-lieu avec les communes de la Côte Sous Le Vent, elle s'arrêtait à Pointe-Noire, la commune limitrophe.

Construction de l'église

«J'ai commencé la construction de l'église de Deshaies avec 60 000 F. J'ai terminé avec 50 000 F de dettes. J'ai eu autant de peine à quitter Deshaies que le Sacré Cœur, mais la volonté de Dieu et des supérieurs passe avant tout».

Voilà ce qu'écrivait quelques semaines avant sa mort, le Père Retailleau dont le nom est resté attaché à la paroisse de Deshaies. En 1943, il reçoit un accueil enthousiaste. «C'est le bon Dieu tout bonnement en personne qui vient de passer parmi nous», s'écrient les fidèles le jour de sa nomination par Monseigneur Gay.



Très vite, il se renseigna sur les terrains censés appartenir à l'église car son but principal est la construction d'un lieu de culte digne de ce nom.

3500 journées de travail volontaire au chant des cantiques, un morne coupé sur 6 m de profondeur, 22 m de longueur et 20 m de largeur, 600 enveloppes destinées à recueillir les offrandes, 2000 sacs de ciments, manœuvres et scieurs de long volontaires, telle a été l'entreprise menée de main de maître par ce prêtre pour la construction de l'église de Deshaies qui a duré 2 ans et dont la bénédiction a eu lieu le 7 avril 1947.
un progrès au prix d'une attente douloureuse



«La Côte Sous Le Vent reconnaissante»... Cette inscription que porte la borne commémorative de l'ouverture en 1957 de la RN2, reliant Deshaies à son environnement naturel et administratif, est significative d'un progrès au prix d'une attente douloureuse. Le désenclavement routier signe le déclin du transport maritime relativement peu organisé même lorsque Deshaies fût une des plaques tournantes du commerce des engagés de Guadeloupe pour la dissidence, sous l'administration du gouverneur Sorin de 1940 à 1943.

C'est en trouvant des avantages à son caractère particulier que l'industrie nouvelle qui s'ouvre dans les années 1960 habille la «Cendrillon créole» de son bel apanage du tourisme de luxe : Le Fort Royal, bâti sur un ancien site de défense à la pointe du petit Bas-Vent. Si grande était sa peur de rester dans l'oubli, le 22 juin 1962, Deshaies se répandit dans le monde entier par la tragédie du Boeing 707 de la compagnie Air France, château de Chantilly dans la forêt domaniale de Caféière.

Ainsi elle nous rappelle au souvenir du «Lieu historique où par delà la mort, Paul Niger et Justin Catayée veillent sur les traces et les détours de notre allant. En s'ouvrant aux élans de la mer caraïbe elle réalise le vœu de toutes les îles qui au loin hèlent leur nécessaire présence solidaire».

«Lieu préservé des atteintes qui dégradent si souvent nos paysages, elle porte témoignage d'une harmonie possible entre l'homme caraïbéen et son entour».

Le passé souvent explique le présent...

Sans cesse en rupture, à la limite de la déchirure, Deshaies progressivement se forge des ouvertures durables vers la modernité.


 
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